Sécuriser les parcours des jeunes alternants éloignés de chez eux pour suivre une formation en alternance : c’est le pari réussi du SIRA, le Service Interdépartemental pour la Réussite des Alternants, un dispositif innovant qui se présente sous la forme d’un guichet unique proposant des solutions concrètes de logement, de restauration et d’accompagnement aux alternants. C’est lors d’une interview avec Emmanuel Balsan, directeur délégué du SIRA et Cécile Moreira, chargée de mission, que nous en avons appris davantage sur ce jeune organisme porteur d’espoir.

Venir en aide à des jeunes apprentis fragilisés par l’éloignement

Le SIRA est né en 2015 sur la base d’un constat : alors qu’il est entendu que l’apprentissage reste une voie favorable à l’insertion professionnelle des jeunes, les apprentis ont besoin d’un accompagnement quant à des solutions de logement et de restauration mais également par rapport à leur propre épanouissement social. En 2014, avant la création du SIRA, 28% des décrochages étaient liés aux problèmes du quotidien des apprentis éloignés de chez eux : solitude, éloignement familial, consommation de substances illicites etc. Autant d’éléments contribuant à aboutir à un point de rupture pour les apprentis.

Le SIRA est donc né avec pour ambition d’offrir une aide aux besoins péri-professionnels des jeunes : logement, restauration, mobilité, accompagnement personnel. Il prend aujourd’hui la forme d’un guichet unique visant à lutter contre le décrochage, synonyme d’échec pour beaucoup.

Comment fonctionne le SIRA ?

Le SIRA travaille en partenariat avec l’ensemble des acteurs de l’alternance : entreprises, branches et fédérations professionnelles, Centres de Formation d’Apprentis et Organismes de Formation, etc. A ce titre, le partenariat entre le SIRA et l’ANAF est très fort et important pour chacun des partenaires.

Le conseil d’administration du SIRA est composé de représentants d’entreprises, de collectivités territoriales et des représentants des partenaires et acteurs ayant un rôle à jouer au sein des actions de l’association. Grâce à une convention signée avec le Conseil régional, les actions du SIRA portent sur l’ensemble des 12 départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce qui n’empêche pas l’association d’être sollicitée bien au-delà de la région dans laquelle elle est née.

A qui s’adresse le SIRA ?

Depuis 2014, 650 jeunes, dont 85% d’alternants, ont bénéficié des services du SIRA. Parmi eux, des alternants bien sûr, mais également des personnes en stage ou en reconversion professionnelle, travaillant en CDD et dont les besoins restent identiques en matière de logement, de restauration et d’accompagnement.

Le dispositif du SIRA s’adresse essentiellement aux jeunes de niveau de qualification 5 et 6, c’est-à-dire aux niveaux de formation équivalant au CAP (certificat d’aptitude professionnelle), au BEP (brevet d’études professionnelles) ou au diplôme national du brevet (DNB) et aux jeunes bénéficiant d’une formation n’allant pas au-delà de la scolarité obligatoire (16 ans). Néanmoins, le SIRA observe une augmentation des demandes provenant de jeunes de niveau 1 et 2 (Bac + 3, 4 ou 5).

Présenté comme un interlocuteur unique et un service innovant pour la réussite de l’apprentissage, le SIRA propose ses services aux jeunes, à leurs familles, aux acteurs de la formation, aux entreprises et aux prescripteurs. A ce titre, la majeure partie des contacts se font par téléphone ou par Internet, le service étant gratuit pour les jeunes et pour leur famille.

Des services conçus pour les besoins des jeunes alternants

La première étape, lors d’une prise de contact avec le SIRA, consiste en l’analyse des besoins du demandeur, sur la base de laquelle le SIRA établit un diagnostic afin de rechercher des solutions de logement. Si les demandes sont relatives à un logement en milieu urbain, les recherches peuvent aboutir en moins de 24 heures. En revanche, lorsque les demandes concernent des endroits excentrés, en milieu rural par exemple – et surtout si l’alternant est mineur – les recherches demandent davantage de temps. Pour répondre au mieux à la demande des jeunes, le SIRA étudie la faisabilité du projet et les demandes particulières comme par exemple le nombre de pièces requises, au regard des moyens financiers du demandeur.

Si le SIRA permet aux alternants de présenter des demandes à n’importe quel moment de l’année, il est néanmoins préférable pour les alternants d’anticiper leurs besoins au maximum, idéalement deux mois avant d’envisager le début du bail.

Tourné vers les jeunes et proposant des solutions concrètes, le SIRA est également orienté vers l’avenir. Pour Emmanuel Balsan, Directeur délégué du SIRA, il s’agit de développer la notoriété de l’association, notamment auprès des collectivités territoriales et des CFA, d’assurer sa pérennité et de continuer à communiquer auprès des jeunes et de tous les acteurs impliqués dans l’apprentissage et dans la formation. Un défi de taille pour un organisme plein d’avenir.

http://www.le-sira.eu/

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