Suite a l’élection d’Emmanuel Macron le 7 Mai dernier, un nouveau gouvernement a été nommé. Le premier ministre, Edouard Philippe, a choisi les acteurs chargés de mettre en place les actions envisagées par Emmanuel Macron dans son programme alors qu’il était candidat, faisant intervenir – et c’est une nouveauté dans la Ve République – un nombre important d’individus issus de la société civile. Alors qu’il est prématuré de définir à quoi ressembleront les mesures liées à l’apprentissage sous la présidence d’Emmanuel Macron, prenons le temps de revenir sur les grandes lignes liées à ce sujet dans son programme.

Réformer l’apprentissage en profondeur : décryptage

Candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron affirmait : « Je souhaite réformer en profondeur l’apprentissage pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes et transformer notre économie ».

Comme chacune des grandes lignes présentées dans son programme, l’ex-candidat fondateur d’En Marche pose un diagnostic pour en présenter ensuite sa vision et ses propositions. A ce titre, Emmanuel Macron insiste sur le fait que l’apprentissage est une source d’opportunités pour les jeunes en vue de trouver un emploi. Dans son programme, il présente l’apprentissage comme un fer de lance essentiel pour la compétitivité de l’économie française et c’est pour cette raison qu’il envisage de réformer cette filière en profondeur. Les éléments du diagnostic posé par le président de la République sont claire :

  • L’apprentissage permet d’augmenter massivement les chances des jeunes pour trouver un emploi : de 10 à 15 points de plus par rapport à ceux et celles qui sont passés par la voie scolaire
  • L’apprentissage permet la « montée en gamme » de l’économie française, donc une compétitivité accrue pour le pays dans son ensemble
  • L’apprentissage permet d’augmenter le nombre de personnes actives qualifiées et donc à la montée en gamme évoquée plus haut

Les propositions d’Emmanuel Macron par rapport à l’apprentissage

Son programme touche deux grands ensembles : les jeunes, d’une part et les entreprises, d’autre part :

  • Les propositions liées aux entreprises visent à rendre l’apprentissage plus attractif pour elles, en remettant en cause des règles complexes et trop lourdes à gérer. Sont mis en cause, notamment, le système d’aides à l’embauche éclaté, le mode de financement de l’apprentissage jugé illisible, le contrat d’apprentissage trop rigide et le contrat de professionnalisation fermé à certains jeunes.
    Simplifier, rendre les choses plus transparentes et plus accessibles : voici le défi que lance nouveau président de la république quant aux traitement de l’apprentissage par les employeurs. Concrètement, cela se traduit en plusieurs axes :

    • Une aide unique aux entreprises en fonction de leur taille et du niveau de qualification de l’apprenti
    • Un guichet unique permettant d’enregistrer le contrat d’apprentissage et la demande des aides
    • Un contrat d’alternance unique remplaçant les deux contrats existant actuellement
    • La taxe d’apprentissage affectée au financement de l’apprentissage
    • L’unification de la grille de rémunération des alternants et la possibilité pour les branches de prévoir des accords en vue d’augmenter les montants planchers fixés par la loi
    • L’insertion des branches professionnelles dans les programmes de l’enseignement secondaire et supérieur
  • Du côté des jeunes, Emmanuel Macron entend faire de l’apprentissage le « cœur de l’enseignement professionnel ». Pour lui, l’alternance doit devenir la voie principale d’accès aux emplois de qualification moyenne. Alors qu’il ne concerne aujourd’hui que 15% des jeunes, l’apprentissage devra être ouvert à une plus large population, dont les lycées et du supérieur. Seront notamment proposés :
    • Un « sas » de préparation à l’alternance à la fin du collège
    • Le développement de l’alternance dans l’ensemble des lycées professionnelles
    • La possibilité de préparer des licences professionnelles sur 3 ans et en alternance

Avant l’élection présidentielle, de nombreux candidats s’accordaient pour donner à l’apprentissage une place importante dans leurs programmes. Les candidats à la  primaire de la droite et du centre, misaient sur son développement, tel Jean-François Copé qui souhaitait le rétablir dès l’âge de 14 ans ou encore Nicolas Sarkozy qui souhaitait en faire la filière de droit commun pour l’obtention d’un bac professionnel. Le coût de l’apprentissage a également été décrié par François Fillon, qui proposait la suppression des charges et la simplification du contrat d’apprentissage ou des aides ciblées.

Au delà des clivages politiques, il est urgent que le gouvernement s’implique avec force afin de prendre en compte la situation des apprentis, plus que jamais l’alternance reste une voie d’excellence afin de maximiser l’insertion professionnelle des jeunes sur le marché du travail

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