La Rentrée de l'Apprentissage 2018, une belle réussite !

L’Association Nationale des Apprentis de France a organisé le 23 octobre un après-midi dédié à la réforme de l’apprentissage, la loi AvenirPro du 5 septembre engendrant de nombreux changements pour les acteurs de la formation. Près de deux cent participants ont pu assister aux trois tables rondes, réunissant une dizaine d’experts.

Olivier CARLAT, directeur formation à Veolia, a débuté l’événement en souhaitant la bienvenue à tous dans les locaux du siège de Veolia, suivi de l’ouverture par Aurélien CADIOU, Président de l’ANAF et Carine CHEVRIER, déléguée générale de la DGEFP.

Ce fût l’occasion pour Carine CHEVRIER de rappeler les trois ambitions principales de la réforme : inciter les jeunes et leur famille, inciter l’entreprise et modifier l’offre.  La mise en place de la réforme étant très rapide, elle se veut rassurante quant aux éléments de visibilité qui arriveront rapidement et permettront d’avancer.

L’apprentissage, c’est un défi social dans une société de compétences Carine CHEVRIER

Déléguée générale, DGEFP

Table ronde entreprises

Frédéric WACHEUX, Directeur éducation et formation du MEDEF, a mis en avant ses craintes et questionnements concernant la réforme. La France est-elle prête culturellement à adopter un modèle inspiré de son voisin allemand ? La flexibilité des contrats va-t-elle favoriser l’apprentissage ? Comment accompagner les CFA dans une toute nouvelle démarche commerciale ? Comment la concurrence entre les CFA va-t-elle être régulé ? Peut-on craindre une « concurrence sauvage » ? Bien que simplifié, le système de l’apprentissage reste, d’après lui, encore trop complexe. Enfin, il émet un point de vigilance sur France Compétences, l’agence nationale qui régulera la qualité et le coût des formations. Elle lui semble être créée dans une logique trop centralisatrice et étatique. 

Yves HINNEKINT, Directeur général d’OPCALIA, reste plus confiant. Les OPCO trouveront facilement leur place dans cette réforme avec de nouveaux rôles à jouer. Ils auront notamment pour mission d’inciter les entreprises à développer l’apprentissage,  particulièrement les entreprises de moins de 50 salariés. Aussi, la création de CFA d’entreprise permettra aux entreprises de rentrer dans les CFA et inversement, ce qui fait entièrement sens pour développer l’apprentissage.

On a encore du travail de pédagogie à faire sur l’apprentissage et je suis convaincu que la conscience collective va en prendre compte. Nous allons gagner la bataille de l’alternance ! Yves HINNEKINT

Directeur général, OPCALIA

Table ronde centres de formation

Les CFA doivent désormais repenser leur Business Model d’après Manuèle LEMAIRE, Directrice Campus Veolia, ce qui peut engendrer certaines craintes. Beaucoup de questions restent en suspens autour du coût contrat, son montant et ce qu’il comprend.  La fixation de ce coût-contrat est très attendue par l’ensemble des acteurs de l’apprentissage et devrait être connue en avril 2019.

David FABRE, Directeur du CFA BTP, s’il émet un point de vigilance sur la fermeture de certains métiers de niche, pense que la réforme n’est que la continuité de l’évolution des CFA. Il en va de même pour Dominique RAVON, Président des MFR, qui, depuis 1984, demandent à être financées au contrat. En effet, les MFR de l’agriculture fonctionnent déjà au contrat. 

Dans l’ensemble la classe prépa est plutôt bien accueillie. En résumé, beaucoup d’interrogations persistent, la période de transition inquiètent certains acteurs mais la loi intègrent un bon nombre de demandes que les CFA avaient faites au préalable.

La réforme confirme la nécessité de changer de système pédagogique pour aller vers une meilleure articulation avec le monde professionnel. Aujourd’hui les formations ont tendance à être trop scolaires. David FABRE

Directeur, CFA BTP Brétigny

Table ronde apprentis

Aurélien CADIOU, Président de l’ANAF, a tenu à soumettre son inquiétude à l’ensemble de la salle quant à la discrimination possible des plus jeunes avec le recul de l’âge. Il souligne aussi que l’augmentation du salaire n’était pas une demande mais que le maintient des aides est indispensable. Elles doivent permettre de pallier aux difficultés d’hébergement et de transports propre à la situation particulière des apprentis.

Patrice GUEZOU, Directeur emploi formation CCI France, ajoute que l’important réside dans le fait de rendre accessible les aides mises en place. Il ajoute aussi, que le coût de prise en charge doit être inférieur au coût de production des contrats. Dans le cas contraire, les CFA devront se tourner vers les entreprises et le système ne pourra fonctionner. 

Sophie DUBOIS, Directrice apprentissage Région Hauts-de-France, rappelle la volonté politique de la région de maintenir les aides aux apprentis. Du côté de la mobilité européenne, Sébastien THIERRY, Directeur Adjoint d’Erasmus +, rappelle que l’objectif est à la fois d’augmenter le nombre d’apprentis bénéficiant du dispositif Erasmus mais aussi la durée de leur mobilité.

 

Il faut que les entreprises recrutent d’avantages d’apprentis : il y a un enjeu de mise en relation. Patrice GUEZOU

Directeur emploi formation, CCI France

Le taux de rupture de contrats est de 28% : le but est de le réduire. C’est pour ça que les médiateurs sont indispensables. Aurélien CADIOU

Président, ANAF

Clôture

Catherine FABRE, Députée rapporteure du projet de loi, a fait l’honneur d’intervenir après l’ensemble des tables rondes. Elle insiste sur le fait que cette réforme est différente des précédente et que cela permettra d’atteindre l’objectif : valoriser et développer l’apprentissage.

En effet, elle est différente car elle touche l’organisation même du système et le ramène aux acteurs principaux de l’apprentissage : CFA, entreprises et jeunes. Elle rappelle aussi qu’il est important de continuer sur l’orientation des jeunes pour que l’orientation se fasse par l’envie et non par défaut.

Elle souhaite bonne chance à tous les acteurs de l’apprentissage pour mener à bien leurs missions avec cette nouvelle réforme, avant de laisser la parole à Sylvie CHARRIERE. La Députée de la Seine-Saint-Denis met alors en avant quelques points de vigilance : sourcing des jeunes, mobilité, coïncidence entre l’attractif et l’insérant, savoir-être, porosité entre voie professionnelle et apprentissage…

Nous avons à cœur de recueillir les craintes et les suggestions pour s’assurer que la réforme se mette en place dans de bonnes conditions.

Catherine FABRE

Députée