Alors que le Ministère du Travail n’a pas souhaité recevoir l’Association Nationale des Apprentis de France (ANAF) suite à la présentation des 20 orientations du Gouvernement, les apprentis s’inquiètent du futur modèle voulu. Les entreprises seront très présentes et financeront de manière directe les Centres de Formation pour Apprentis (CFA). Pourront-ils toujours jouer leur rôle de protecteur des apprentis ?

Financement au contrat et par les branches, situation compliquée pour les CFA… et les apprentis

Quand presque la moitié des ruptures des contrats sont liées à un problème dans l’emploi, il est aisé de comprendre l’intérêt pour les apprentis de pouvoir être aidé et assisté par un tier. Les CFA ont ce rôle à jouer, notamment grâce au tuteur (professeur référentcr d’un ou plusieurs apprentis), qui se rend en entreprise. Dans la situation actuelle, des CFA privilégient les bonnes relations avec les entreprises plutôt que l’aide aux apprentis en cas de problème. Un certain nombre d’apprentis se retrouvent alors dans une situation de détresse : sans personne pour les aider. Un grand nombre se replie alors sur l’ANAF pour trouver de l’aide.

Le financement au contrat des centres de formation, prévu dans les orientations, implique que les écoles auront un intérêt non négligeable à garder un nombre de contrats élevé afin d’assurer leur pérennité. D’une autre part, les CFA seront financés directement par les entreprises, beaucoup plus significativement que précédemment. Cela implique un rapprochement fort des branches professionnelles, employeurs des apprentis, et des centres de formation, censés être les contrôleurs d’un apprentissage de qualité en entreprise.

Une représentation et une assistance indispensable aux apprentis

Il paraît alors indispensable qu’un tier puisse jouer ce rôle de représentation des apprentis et d’assistance tout au long de la formation. Cela avait été bien compris de tous les participants à la concertation et a été proposé par Sylvie BRUNET dans son rapport (propositions n°26 et 27). C’est ce rôle que joue l’ANAF depuis sa création. L’association propose au Gouvernement d’être ce tier dans le futur système.

De plus, les apprentis ont besoin de connaître leurs droits et devoirs, inhérents à leur statut de salarié et à leur contrat d’apprentissage. Ils en ont besoin pour mener à bien leurs premiers pas dans le monde du travail. Il paraît ainsi important qu’ils aient un module d’information sur leurs droits et sur leurs devoirs. C’est aussi la proposition n°25 du rapport Brunet.

 

Le Gouvernement a présenté des orientations en décalage avec les besoins des apprentis

Les orientations présentées par le Gouvernement ne vont pas changer grand chose à la vie des apprentis, peut-être ne se rendront-ils même pas compte de l’application de la future réforme. Bien que souhaitée copernicienne, ce nouveau changement n’a pas pris en compte les problèmes des apprentis. L’aide de 500€ proposée aux apprentis majeurs est une bonne mesure, liée à une vraie problématique de transport des jeunes travailleurs. Mais quid des apprentis mineurs ? C’est le public le plus fragile dans cette voie de formation, de par leur âge, ils ont beaucoup de difficultés à trouver un employeur, ils ne peuvent pas se loger seuls et ne peuvent pas passer le permis. Pour eux, rien n’a été prévu. Quant à l’augmentation de 30€, elle ne correspond pas aux attentes des jeunes. Leurs attentes sont concrètes et demandent des aides adaptées pour le transport, le logement (parfois double) et la recherche de contrat.

A PROPOS DE L’ANAF
L’ANAF est la première structure en France de représentation des apprentis et de leurs intérêts. Elle a également pour but de promouvoir l’apprentissage auprès des étudiants et de leur famille. Son rôle se poursuit ensuite, puisque l’association renseigne, aide et accompagne les apprentis tout au long de leur parcours. En 2017, 390 100 jeunes ont porté intérêt à l’association. Elle est dirigé par un conseil d’administration de 5 anciens ou actuels apprenti et compte 3 salariés et 3 services civiques. Elle fait partie du Conseil d’Orientation des Politiques de Jeunesses, placé auprès du Premier Ministre, pour représenter les apprentis. Elle fait partie du CESER Auvergne-Rhône-Alpes. L’association est reconnue d’intérêt général.

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