Invitée par GL Events, l’ANAF était présente au salon GLOBAL INDUSTRIE qui s’est déroulé le 27 mars dernier. Chaque année, ce salon réunit des professionnels qui s’expriment sur les différentes perspectives du secteur de l’industrie principalement.  

Le directeur général de l’association, Badr BIEDE, a ainsi pu s’exprimer lors de la conférence “la formation, s’adapter” sur le rôle joué par l’ANAF en tant que partie prenante dans la réforme de l’apprentissage devant un parterre de professionnels. La table ronde était également composée de : Agnès Goubin, chargés d’études à Défis Métiers, Jean-Pierre Collignon, Inspecteur Général, groupe des sciences et techniques industrielles à l’Inspection générale de l’éducation générale, Jérôme Adnot, Directeur de l’Enseignement à Mines ParisTech, Jean-Claude Volot, Président de Dedienne Aerospace et Conseiller spécial de Pierre Gattaz mais aussi Joël Fourny, président de la chambre régionale des métiers des Pays de la Loire et Président de la FNAPEM. 

 

Ci-dessus, Jean-Pierre Collignon, Inspecteur Général, groupe des sciences et techniques industrielles à l’Inspection générale de l’éducation générale

Les différents intervenants ont pu, tour à tour, exposer leur point de vue sur les problématiques rencontrées par les jeunes dans leur insertion professionnelle, en lien avec la formation, et exprimer leurs solutions ainsi que des perspectives.

Agnès Goubin, chargée d’études, a pu soulever la difficulté de certains secteurs à recruter. Elle fait remarquer que l’insertion des jeunes est d’autant plus difficile que le taux d’insertion lui-même est faible. A partir d’une étude effectuée à l’échelle de la région Île-de-France, elle explique que l’industrie métallurgique est en quête d’opérateurs de production, chaudronnier, tourneur, fraiseur mais qu’à côté, elle peine à recruter. L’explication, selon elle : les employeurs cherchent plutôt des opérateurs formés et expérimentés.

A côté, Jean-Pierre Collignon pointe le problème des formations qui se trouvent en manque de jeunes, à son sens il y a nécessité de développer l’attractivité industrielle. Il expose le fait qu’il peut être valorisant de mettre les établissements en réseaux et également bon de se préoccuper de deux objectifs essentiels : former et faire rêver en s’appuyant sur de vrais projets. Pour l’intervenant : “si l’on veut développer l’apprentissage dans ce pays, il faut le développer dans le système éducatif”.

Joël Fourny, soutient que la problématique de recrutement est réellement présente. Il souhaite mettre en place des actions de valorisation en faveur de la découverte des métiers et d’une reconnaissance de l’apprentissage par les familles et les jeunes. M. Fourny constate une multiplication par 3 du nombre de jeunes dans les sections et soulève des ajustements inadaptés en CFA. Ainsi, il milite en faveur d’une plus grande rapidité dans la mise en place des formations, une adaptabilité et une mise en alignement plus régulière des programmes. Il observe une tendance à un rafistolage des programmes au lieu de stopper une voie qui ne fonctionne plus. Il souhaiterait, pour cela, répondre aux besoins par la nouveauté.

Pour lANAF, quelque soit le secteur concerné, il s’agit de prôner la proactivité de l’apprenti en anticipant les besoins de l’entreprise. L’association constate que le taux de rupture des contrats d’apprentissage, en hausse jusqu’alors, connaît une baisse significative. Badr Biede, le directeur de l’association, explique à quel point il est important d’apprendre les codes pour mieux s’intégrer en entreprise ; c’est la raison d’être de la formation sur la posture professionnelle, mise en place en partenariat avec des CFA. Elle répond aux attentes exprimées par 500 entreprises lors d’une enquête que nous avons réalisée. Replacer l’apprenti en tant qu’acteur de son apprentissage apparaît donc une base primordiale dans son insertion.

 

Badr Biede : “Nous avons mené une expérimentation auprès de 66 000 jeunes en IDF, pendant 4 ans, on a baissé le taux des ruptures de 21 à 5%, grâce à la méthode proactive : c’est apprendre aux jeunes la posture à adopter pour anticiper les besoins imminents de l’entreprise et mettre en oeuvre les compétences qu’il a acquises à l’école.

L’autre point soulevé par l’ANAF est l’importance de situer l’apprentissage comme une filière d’excellence et de promouvoir les valeurs de l’apprentissage. Avec 58 % des français qui ont une mauvaise image de l’apprentissage, il est d’autant plus important d’engager une sensibilisation des jeunes, dès le collège, sur les opportunités offertes par l’apprentissage. A cet égard, l’association déplore l’insuffisance des stages de découverte des métiers proposés aujourd’hui.

Pour Jean-Claude Volot et Jérôme Adnot, l’apprenti doit tirer de son CFA ou école des bases nécessaires aux besoins de son entreprise. Jérôme Adnot explique l’importance de l’adaptation des compétences puisque celles-ci peuvent être amenées à changer selon le mode d’apprentissage tout cela en conjoncture avec le diplôme qui est une formation qui aura un impact tout au long de la vie de l’apprenti/du jeune. Il expose ici l’ouverture de perspectives qu’apporte la formation en alternance tout au long de la vie en faisant référence à une métaphore : celle du millefeuille. Par ailleurs, il évoque un autre domaine d’évolution importante : le web, car les jeunes générations accèdent désormais autrement à la formation et notamment par le réseau.

Jean Claude Volot, lui, fait référence au positionnement du MEDEF. Il soulève l’inadéquation des besoins et de la formation et une adaptation lente. A côté de cela, il reprend l’exemple des métiers en France qui ont su adapter leurs propres besoins de formation et cite les Campus Veolia qui forment à tous les métiers ou encore le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales).

Jean-Claude Volot : “En France, la formation, l’apprentissage, continue d’être considéré comme une charge […] alors que je demande depuis des années que ce soit un investissement amortissable

Le constat est le même pour tous : l’apprentissage se doit d’être valorisé et les apprentis, d’être entendus. La problématique de recrutement, encore présente, est au cœur des perspectives évoquées.

Visionnez la conférence pour en savoir plus avec le lien ci-dessous :

https://vimeo.com/263494180